26 février 2009
But I killed this man in Reno just to watch him die

J'écoute Daniel Darc; pureté mélancolique et mélodique qui m'apaisent. Je pourrais écouter ce Crèvecoeur indéfiniment.
Parfois, je me demande si je ne complais pas dans cette tristesse qui semble couler lentement dans mes veines. Juste pour être différente, ne pas ressembler à tous ces autres trop insipides pour être vrais. C'est horrible, mais je ne sais pas, ça ne m'étonnerais même pas, en fin de compte. Prête à tout pour se différencier, se dire qu'on est pas comme les autres, on n'est pas mieux, mais au moins on n'est pas comme eux. Prête à crever pour ne pas n'être que le reflet de ces êtres surfaits. Je ne suis plus que la caricature de moi-même; l'âme torturée, écorché vive complètement paumée. J'ai toujours eu une mauvaise opinion de moi-même; jamais assez bien; mais finalement je crois que je préfère être moi plutôt qu'une de ses pétasse superficielle et stupide qui court les rues et qui ne connaît rien à la vie. Ouais, moi, mon bordel, mes défauts et mes stupides rêves arrosés de rock'n'roll trop fort. Et c'est peut-être ça l'important finalement.
ALORS SMILE CONNASSE
More is never enough

Epuisée par de (trop) nombreuses nuits sans sommeil, la vie s'est recouverte d'un voile brumeux de plus en plus épais. Mal de tête persistant.
Les journées passent lentement lorsque l'on n'a plus rien pour les remplir. On a alors gracieusement droit à beaucoup trop de temps pour penser et quelques noeuds au ventre.
J'imagine que l'avantage avec l'hopital, c'est que mes journées seront occupées. Il suffit juste que je supporte ça un mois ou deux et après je serais libre. Libre de quoi? J'en ai aucune idée, mais je le serais d'après ce qu'on dit.
Faut dire que j'ai jamais été très bonne pour mener ma vie correctement, un don inné en quelque sorte. J'ai toujours enchaîné les expériences malencontreuses et j'ai jamais su me satisfaire de ce que j'avais. Non, moi il m'en a toujours fallut plus; ne jamais se contenter de ce que l'on a. Se faire du mal à penser à tout ce qu'on pourrait faire, à tout ce qu'on pourrait être et qu'on est pas, et ne surtout pas s'accepter parce que ce serait abdiquer, rentrer dans le moule et s'ancrer dans la réalité. Alors on se fait du mal jusqu'à ce que le sang gicle, jusqu'à ce qu'on en crève presque.
Voler des livres de poésie, écouter Elvis Presley dès sa naissance et conserver ses foutus idéaux rock'n'rollien par dessus tout, aimer ces mecs junky jusqu'à la moëlle qui meurt une seringue dans le bras et tant pis pour la vie et pour le bon sens, on s'en fout.
Je ne sais pas vraiment ce que j'écris, je n'ai pas envie de tenter de mettre mes pensées en ordre, je n'ai pas envie de faire semblant de savoir écrire, je ne suis qu'une imposture, alors tant pis pour tout ça, je resterais dans mon foutu chaos.

25 février 2009
I'M NOT A SAINT BUT I'M NOT A SINNER BUT EVERYTHING'S COOL AS LONG AS I'M GETTIN' THINNER

Je continue à me poser beaucoup de questions. J'ai toujours été comme ça, du genre à me faire de longs monologues intérieurs éminemment existenciels. J'ai du mal à comprendre comment les gens peuvent continuer à aller de l'avant, à mener leur vie bien proprement sans se considérer les uns les autres, sans se poser aucune question, comme des vaches que l'on mène naturellement à l'abattoir. Oui, peut-être est-ce un poncif, surement même, mais à vrai dire, je m'en fiche. La vie n' a jamais eu aucun sens, et cela est évident depuis tellement longtemps pour moi que je ne peux même plus situer cette prise de conscience dans le temps. On va à l'école, on apprend ce qu'on appliquera plus tard dans la vie, on trouve un boulot,on a une famille, des amis, on meuble la maison, se préoccupe pour les problèmes d'argent, on s'insurge contre le gouvernement en place, et puis vient un jour où la retraite arrive; on voit ça comme un soulagement, puis, plus rien pour nous occuper, on devient nostalgique et on se rend compte qu'on n'a pas vécu sa vie, on a fait ce qu'on nous demandait voilà tout. Je ne vivrais pas ça, plutôt crever que de me plier à leurs exigences. Je ne sais pas ce que je vais faire, je n'ai aucun projet. Je crois que je veux juste voyager, parcourir le monde et peut m'importe si je dois être serveuse. Peyt-être est-ce naïf, mais je crois que ma seule chance de comprendre les autres et de me comprendre moi-même est de voyager, à la recherche d'illusions perdues. Alors, je verrais, je vivrais et peut-être est-ce ça l'important.
London, Birmingham, Brighton, Bristol, Barcelona, Madrid, Sevilla, NYC , Paris, Mexico, Tokyo, Berlin, Athènes ...

Ooops I did it again !

Je ne sais pas pourquoi je reviens ici. Peut-être est-ce juste parce que je suis à l'aube d'un grand changement. Je vais retourner à l'hôpital. Durée indeterminée pour une pseudo redemption inderterminée elle aussi. Mais j'ai envie d'y croire. Dernière chance. J'ai compris beaucoup de choses sur moi-même ces derniers temps. Comment mon entourage m'a consigné à cette place qui n'est pas la mienne; juste bonne à combler le manque des autres. A porter des espoirs trop lourds pour moi, des trucs qui m'appartiennent pas. Je ne suis pas celle qu'ils croient, je ne suis pas celle que je crois. Je ne suis pas plus fûtée que les autres, et j'en ai assez des psys qui, après avoir discuté une demi-heure avec moi, pensent que je vais changer le monde. Désolée, je ne suis pas aseez forte, ni assez intelligente pour ça.
Parfois, j'aimerais m'excuser auprès de mon entourage. Leur dire que je suis désolée de les faire souffrir, désolée d'être aussi incapable de vivre correctement, désolée de me placer en marge, à chaque fois. Et désolée d'être aussi déglinguée, complétement foutue avant même d'avoir vraiment vécue. Je veux juste vivre mes idéaux; ne surtout pas me compromettre. Je crois que j'aimerais juste être quelqu'un de bien.
La vérité c'est que je ne crois pas que je deteste la vie. Je SAIS, en fait, que je l'aime juste mal, que je l'aime juste trop. Je ne me sens pas assez bien pour elle, je ne la mérite pas; tant d'autres feraient mieux que moi avec ce que j'ai. Je veux la vivre intensément ou pas. En absorber toute la substance, m'imprégner de son essence ou mourir. C'est surement ça mon problème: ça a toujours été tout ou rien.
